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Interview

«La social-démocratie européenne est hétérogène».

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Publié le 01/02/2003 à 22h05

En clôturant vendredi à Paris une rencontre avec une dizaine de leaders sociaux-démocrates ­ dont Robin Cook, le président britannique du Parti des socialistes européens (PSE), et Antonio Guterres, le patron portugais de l'Internationale socialiste (IS) ­, François Hollande a appelé les socialistes de l'UE à travailler à un projet pour les européennes de 2004. John Crowley, spécialiste du parti travailliste britannique (1), analyse la crise de la social-démocratie européenne.

Les sociaux-démocrates européens sont-ils en voie d'unification ?

La naissance d'un modèle social-démocrate européen unique est liée à une autre question : existe-t-il un modèle social européen ? En fait, trois au moins coexistent : un modèle germanique fondé sur la cotisation et le travail ; un scandinave, à la fois fiscal et «citoyen», c'est-à-dire universaliste ; et un britannique, lui aussi fiscal mais ciblé sur des classes précises. Ces modèles imprègnent les institutions qui font le social dans chaque pays. Et même les socialistes les plus européens défendent leurs particularismes nationaux : il suffit d'observer, en France, leur attachement au fonctionnement de l'école ou au système de protection sociale. Difficile de faire converger ces identités sans uniformiser le modèle social. C'est pourquoi en Europe la social-démocratie reste hétérogène.

Le PS peut-il s'inspirer de l'expérience de Tony Blair qui se veut le prophète de la social-démocratie du XXIe siècle ?

Dans le blairisme, il faut distinguer

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