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Libération
Portrait

Un ex-fidèle de la première heure.

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Publié le 07/02/2003 à 22h09

L'homme qui défie Le Pen est l'un des tout premiers à l'avoir rejoint lors de la création du FN, en 1972. A 59 ans, Jacques Bompard a participé à tous les combats de l'extrême droite : proche de l'OAS, il anime ensuite, dans les années 60, deux violents groupuscules fascisants : Occident, puis Ordre nouveau. Au FN, il rejoint la tendance la plus radicale, aussi antiaméricaine qu'anticommuniste, derrière Jean-Pierre Stirbois, l'ex-numéro 2 du FN dont il fait l'éloge dans la lettre annonçant la naissance de son club . Elu député du Vaucluse en 1986 grâce à la proportionnelle, il remporte la mairie d'Orange de justesse en 1995, avant d'être réélu dès le premier tour avec 60 % des voix en 2001. Entretemps, il a coupé les vivres au monde associatif, réduit drastiquement le budget d'action sociale et épuré les rayons de la bibliothèque municipale. Une politique brutale menée en s'appuyant sur un clan étroit composé, notamment, de sa femme, Marie-Claude, et de l'omniprésent André-Yves Beck, ancien responsable des groupuscules fascistes Troisième Voie et Nouvelle Résistance. Bompard cultive pourtant l'image d'un notable gérant sa ville en «bon père de famille». Et s'est peu à peu émancipé de la tutelle du chef. En 1999, il s'était déjà dressé contre le clan Le Pen en dénonçant «l'erreur» de son gendre, Samuel Maréchal, qui avait blasphémé en reconnaissant le «caractère multiconfessionnel» de la France. Depuis, il prend soin de «mettre [son] étiquette FN entre parenthèses» le temps d

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