Il aura mis le temps. Avec dix mois de retard, Lionel Jospin a clairement appelé à soutenir Jacques Chirac. Au moins pour ce qui est de son attitude actuelle dans la crise irakienne. Bien sûr, l'approbation exprimée par l'ancien Premier ministre, dans une tribune publiée vendredi par le Figaro, n'est pas franchement enthousiaste. Reprenant l'argumentation développée par les dirigeants du PS, Jospin met l'Elysée au pied du mur. Il l'exhorte à user du droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU, sous peine, pour la France, de «se déjuger». Et la seule fois où il consent, dans son long texte, à citer le nom du chef de l'Etat, c'est pour dénoncer «l'algarade que s'est autorisée le président Jacques Chirac à l'égard de plusieurs pays candidats à l'Union» européenne, coupables d'atlantisme.
Couper court. Pourtant, c'est bien pour appuyer globalement la stratégie de la diplomatie française que Lionel Jospin a pris la plume : «Elle est jusqu'à maintenant pertinente puisqu'elle repose sur une appréciation réaliste de la capacité de menace de l'Irak et qu'elle prône le respect des principes de la vie internationale», écrit-il notamment. Après avoir brisé huit mois de silence, en janvier, dans une tribune au Monde, Lionel Jospin a donc choisi d'«être utile» en vantant... l'action de Jacques Chirac. Le signe, selon l'ancien ministre socialiste Pierre Moscovici, d'une certaine «libération» de l'ex-candidat à l'Elysée après «l'obsession chiraquienne» qu'il a traînée tout au long de la ca




