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La préférence familiale, clé du pouvoir au FN.

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Le Pen a toujours privilégié la carrière de son clan au détriment des cadres.

Publié le 22/04/2003 à 22h57

Une famille, un parti, un chef ! Le Pen, c'est le FN, et le FN, c'est Le Pen. Et rien d'autre. Tel est le message qu'a fait passer hier le leader d'extrême droite à des troupes récalcitrantes. Peu importe que sa fille, Marine, ait été si mal élue au comité central. Peu importe que les cadres aient choisi de plébisciter les dirigeants les plus hostiles à son ascension. En repêchant sa progéniture pour la nommer vice-présidente et la propulser au bureau exécutif, Le Pen a de nouveau signifié la vraie nature du FN : une petite entreprise familiale qui ne saurait connaître la crise. Et au sein de laquelle il ne peut exister de source de légitimité supérieure à celle du père fondateur. D'ailleurs, avant même d'inculquer à ses troupes le culte du chef, caractéristique des formations d'extrême droite, Le Pen a élevé ses trois filles dans le culte du père. Dans les années 70, sa figure imposante régnait déjà sans partage sur le petit appartement parisien de la villa Poirier. Elle s'est ensuite épanouie dans l'hôtel particulier cossu de Montretout. Et la vénération de ses filles les a conduites à prendre son parti lors de la tumultueuse séparation des parents, en 1984.

Maison mère. Jean-Marie Le Pen a transposé ce mode de fonctionnement à la gestion du FN. Depuis trente ans qu'il l'a créé, il le dirige selon un précepte qui a fait son bonheur électoral : «Je préfère mes filles à mes nièces, mes nièces à mes cousines et mes cousines à mes voisines.» Illustration de la «préférence natio

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