Quinze milliards d'euros, soit cent milliards de francs : tel devrait être le déficit cumulé de la branche maladie de la Sécurité sociale pour les exercices 2002-2003, que devrait rendre public demain la commission des comptes de la Sécurité sociale. Un mauvais chiffre qui a permis à la gauche, hier, à l'Assemblée, de mettre en cause la gestion gouvernementale au cours d'un débat demandé par le Parti socialiste. «L'échec de votre politique se traduit d'abord dans la situation financière» de la Sécu, a lancé le député PS de Paris Jean-Marie Le Guen, qui a également dénoncé «la décision brutale» de dérembourser 617 médicaments, annoncée en plein week-end de Pâques.
Jean-François Mattei n'a pas manqué d'utiliser l'argument de l'héritage. «A mon arrivée, j'ai trouvé un système de santé dans une crise plus profonde encore que je ne l'avais imaginé. Les professionnels de santé étaient en plein désarroi, [...] la permanence des soins n'était plus assurée, les généralistes étaient en grève depuis sept mois, la mise en oeuvre non préparée des 35 heures avait plongé le monde hospitalier dans une grande souffrance, l'assurance maladie n'était plus financée», a énuméré le ministre de la Santé.
Il n'a pas expliqué de quelle manière il entendait apurer le passif de l'assurance maladie. Au début de l'année, après des hésitations, le gouvernement a renoncé à augmenter la CSG ou de prolonger la CRDS (contribution de remboursement de la dette de la Sécu, instituée par Alain Juppé en 1995 pour n




