En 90 minutes d'une déclaration à mi-chemin entre le discours politique et la plaidoirie, Jean-Guy Talamoni, porte-parole de Corsica Nazione et avocat de profession, n'a pas une fois prononcé le mot «référendum» devant la Cour d'assises spéciale de Paris. Parfaitement décontracté devant une salle bourrée de sympathisants nationalistes, il n'y a pas fait même d'allusion voilée. Prudence ?
Solidarité. Partisan du oui à la réforme institutionnelle proposée par le gouvernement, il a pourtant jugé plus sage de ne pas lier un appel en ce sens à l'assassinat, en 1998, du préfet Claude Erignac. Un tel rapprochement de cause à effet risquait de susciter dans l'île plus de votes négatifs que d'adhésions. Appelé par la défense comme témoin, l'élu nationaliste s'est donc contenté d'affirmer sa solidarité aux accusés. «Comme eux, j'appartiens à cette génération qui n'a connu comme engagement que le nationalisme (...). Nous n'avions aucune chance de voir changer les choses par des élections honteusement truquées.» Si donc Talamoni «condamne l'acte», il le «comprend». Pas question d'en condamner les auteurs : «Il serait injuste de faire peser le poids de ce drame sur les épaules des accusés.» De la défense à la solidarité, même symbolique, il franchit le pas : «Je me sens un peu dans ce box», affirme-t-il en désignant les accusés. «Certes, dans ce box, il devrait y avoir des élus nationalistes, mais aussi des élus clanistes, des responsables parisiens de cette situation», poursuit-il.
L'avoc




