C'est en «partant aux chèvres» que le berger de Cargèse avait disparu le 23 mai 1999, alors que les policiers de la DNAT (Division nationale antiterroriste) s'apprêtaient à l'arrêter. C'est dans une bergerie, à Porto-Pollo (Corse-du-Sud), près de Propriano, que les policiers l'ont arrêté hier. L'homme est un vrai terrien, profondément habitué à la vie fruste de la montagne corse. Il est aussi un «clandestin» de la première heure. Militant dur d'une section dure du FLNC, connue pour son indépendance et sa rétivité à l'obéissance, fût-ce à la hiérarchie d'un mouvement armé. Sa mère est bretonne, d'où ce prénom qui ne fleure guère le maquis. Père corse.
Enfance niçoise. Cécile Riou et Jean-Hugues Colonna sont tous deux profs de gym. Mais Jean-Hugues, militant socialiste, est attiré par la politique. Celle-ci mènera la famille sur le continent, à Nice. Porté par la vague rose, il s'y fait élire député. Le couple et les trois enfants vont donc grandir sur la Côte d'Azur. Nice est alors la pépinière des jeunes étudiants nationalistes.
Déçu par la gauche et ses notables reçus à la maison, le lycéen Yvan tangue entre extrême gauche et nationalisme romantique. Il entame des études de professeur de gymnastique. Mais il abandonne en chemin pour rentrer à Cargèse, berceau familial des Colonna. Petits boulots dans l'Education nationale, surveillant de plage pendant les mois d'été. Il est désormais un militant actif de la Cuncolta. Nous sommes en 1983, Yvan a 23 ans : Pierr




