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Libération

Pas de soupape de sécurité pour les prisons

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La grâce collective du 14 juillet ne soulagera guère la surpopulation.

Publié le 11/07/2003 à 23h49

Un décret de grâce au cordeau, et même un peu plus strict que celui de l'an passé : le chef de l'Etat n'a montré aucune mansuétude à l'égard de la population des détenus ordinaires, comme il l'a fait, fût-ce chichement, pour José Bové. Pour cette grâce traditionnelle du 14 juillet, les condamnés incarcérés bénéficieront d'une remise de peine de sept jours par mois de détention dans une limite de quatre mois d'allégement au total. Ceux dont la peine n'a pas encore été mise à exécution auront deux mois d'effacés. Les crimes et délits les plus graves sont exclus de ces allégements de peines : aux exclusions traditionnelles, l'Elysée a ajouté l'homicide involontaire commis sur la route. Loin du projet d'abord étudié d'une grâce plus ample ­ un projet débouchant sur 9 000 sorties avait été étudié place Vendôme ­ qui aurait pu donner un souffle d'air dans les maisons d'arrêt. Avec cette solution, près de 3 000 détenus pourraient sortir de leur cellule, c'est-à-dire rien au regard de la surpopulation pénale actuelle. Avec plus de 60 000 détenus pour seulement 47 000 places, la situation en France est la pire depuis 1945. Le surpeuplement est tel que la garantie d'une cellule individuelle, promise pour juin 2003, a été retardée de cinq ans.

Incident. Si Jacques Chirac espère tirer profit de sa mesure Bové pour calmer les esprits il prend, avec cette grâce collective limitée, un pari risqué : celui d'une explosion dans un certain nombre de centres de détention. «ça fait un moment que

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