François Missoffe, ancien ministre du général de Gaulle, est décédé hier matin à l'âge de 83 ans à Rouen . Cet ancien des Forces françaises libres, qui avait connu la captivité en Indochine sous l'occupation japonaise, était un gaulliste historique adhérant dès 1949 au Rassemblement du peuple français (RPF). Il fut successivement secrétaire d'Etat au Commerce intérieur (1961-1962), où il inventa l'immortel slogan «Suivez le boeuf», puis aux Rapatriés (1962-1964), où il eut brièvement la charge d'organiser l'accueil du million de Français d'Algérie poste qui fut supprimé dès 1964 par de Gaulle et par son Premier ministre, Georges Pompidou, comme si tous les problèmes étaient déjà réglés.
En 1966, Missoffe obtient un ministère de plein exercice à la Jeunesse et aux Sports (1966-1968), alors que son prédécesseur Maurice Herzog, prestigieux alpiniste, n'était que secrétaire d'Etat. Il est vrai que le bide des sportifs français aux JO de 1964 à Tokyo avait fortement irrité le général. Il réussit, lui, ceux de Grenoble (1968).
«Inepties». L'histoire retiendra sans doute de François Missoffe qu'il fut un acteur malheureux des prémices de mai 1968. Le 8 janvier de cette année-là, le ministre, auteur d'un «Livre blanc sur la jeunesse», eut la malencontreuse idée d'inaugurer la piscine de l'université de Nanterre. Le campus est en ébullition : les étudiants réclament le droit de pénétrer dans les logements réservés aux étudiantes. Un jeune homme se dresse face à François Missoffe : «J




