En quinze jours : 11 435 morts supplémentaires et un simple communiqué. Vendredi matin, le ministère de la Santé a enfin donné un premier bilan officiel et provisoire des victimes de la canicule. Il s'agit de la surmortalité enregistrée du 1er au 15 août en France, établie à partir des certificats de décès (voir carte). «On fait un communiqué, c'est tout. Pour les explications techniques de ce chiffre, adressez-vous à l'Institut de veille sanitaire (INVS)», indiquait-on au cabinet de Jean-François Mattei. Pas question d'aborder les responsabilités politiques, en se prêtant aux questions des journalistes sur les dysfonctionnements dans la gestion de la catastrophe sanitaire (lire pages 4 et 5). «Les conclusions de l'enquête de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS), qui seront rendues au ministre de la Santé avant le 20 septembre, voire celles de l'enquête parlementaire, détailleront les dysfonctionnements s'il y en a eu» précisait-on avenue de Ségur.
Culpabiliser. Face à l'énormité de ce chiffre, appelé à grossir encore puisque le décompte macabre s'arrête au 15 août, le gouvernement s'est cantonné au registre compassionnel. Cette «terrible canicule» a eu «des conséquences dramatiques humaines qui nous blessent au plus profond», a déclaré le Premier ministre lors de la conférence annuelle des ambassadeurs de France, réunie à Paris. «Cette canicule nous rappelle le devoir d'attention, le devoir de solidarité. L'ouverture, c'est d'abord et sans doute avant tout le r




