Jean Arthuis, sénateur centriste de la Mayenne, préside la Commission des finances du Sénat. Ancien ministre de l'Economie du gouvernement d'Alain Juppé (1995-1997), il critique la baisse des impôts, promise par Jac ques Chirac. Il plaide pour des «baisses fiscales ciblées» et «une baisse des charges sociales» susceptibles, selon lui, de relancer l'emploi.
Le Premier ministre doit confirmer incessamment une baisse de l'impôt sur le revenu. Selon vous, cette décision est-elle opportune ?
Je suis totalement acquis au principe de la baisse des impôts. C'est le cap à tenir pour des questions d'attractivité et de compétitivité. Cela étant, il faut bien réfléchir au fait que les déficits publics vont atteindre cette année au moins 4 % du PIB. Si le déficit de l'Etat devait atteindre 55 milliards d'euros, comme ce n'est pas exclu, cela voudrait dire que, pendant deux mois et demi, l'Etat finance ses dépenses par l'emprunt. En 1990, la dette de l'Etat était de 91 milliards d'euros. Elle va atteindre 1 000 milliards en 2004. Dans ces conditions, il ne me paraît pas raisonnable de financer la baisse des impôts par l'emprunt. Si l'on baisse d'un point le barème de l'impôt, cela coûte 600 millions. Trois points, c'est 1,8 milliard. Au-delà, ce qui m'alarme, ce sont les déficits de la Sécurité sociale celui-ci atteint près de 10 milliards cette année et de l'assurance chômage.
Mais la baisse de l'impôt sur le revenu n'est-ce pas le meilleur moyen de soutenir la croissance ?
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