Jusqu'au bout de la nuit, les sénateurs de la majorité se sont servis dans le gigantesque supermarché de la décentralisation ouvert par Jean-Pierre Raffarin. Fait exceptionnel, le gouvernement leur a demandé de siéger dimanche matin jusqu'à 5 h 30, heure à laquelle les élus de gauche ont rendu les armes, laissant leurs collègues UMP-UDF adopter le projet de loi relatif aux «responsabilités locales». Un texte long (126 articles), parfois confus et sans réelles garanties financières, qui a permis aux sénateurs, représentants des collectivités locales, de se partager le gâteau de l'acte II de la décentralisation.
«Nous sommes victimes d'un caprice du Premier ministre !», s'insurgeait hier le socialiste Jean-Claude Peyronnet. Et de dénoncer une «précipitation injustifiée» dans la mesure où l'Assemblée nationale ne se saisira du texte que le 27 janvier. Pour le président du groupe PS, Claude Estier, «l'objectif est clair : M. Raffarin veut pouvoir aller devant le Congrès des maires de France, le 18 novembre, en se présentant comme un grand décentralisateur». Or, selon la gauche, c'est tout le contraire : le grand oeuvre du Premier ministre va rendre illisible l'organisation territoriale du pays, déjà plombée par les «compétences partagées» et les «financements croisés».
«Mélasse». Si l'on s'en tient à l'architecture générale du projet, les régions vont récupérer, au 1er janvier 2005, la formation professionnelle, le développement économique et la gestion de certains monuments. Les




