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Enquête

Loi 1905 aux racines de la laïcité

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Après d'interminables débats, la séparation de l'Eglise et de l'Etat fut scellée le 9 décembre 1905. Retour sur cette lutte acharnée entre cléricaux et républicains qui, cent ans avant le voile, divisait déjà la société française.

Publié le 17/12/2003 à 2h22

Le 10 septembre 1900, Eugène Thomas, maire du Kremlin-Bicêtre dont le coeur bat républicain, prend un arrêté municipal «interdisant le port de la soutane sur le territoire de la commune». «Le clergé est un groupe de fonctionnaires (...) qu'il importe particulièrement, en raison de leur nombre, de leur indiscipline naturelle et de la nature même de leurs fonctions complètement inutiles au bien de l'Etat, de les rappeler en toutes choses au respect absolu de toutes les lois», argumente l'édile, qui poursuit : «Si le costume dont s'affublent les religieux peut favoriser leur autorité sur une certaine partie de la société, il les rend ridicules aux yeux de tous les hommes raisonnables et l'Etat ne doit pas tolérer qu'une catégorie de fonctionnaires serve à amuser les passants.» La police, les agents communaux et les gendarmes sont chargés de faire appliquer l'arrêté, dont s'inspireront d'autres municipalités ultrarépublicaines ­ mais néanmoins minoritaires. Les tribunaux ne prononceront jamais aucune sanction.

Bataille des symboles

C'était il y a à peine plus d'un siècle, avant que la loi de séparation des Eglises et de l'Etat ne soit définitivement adoptée, le 9 décembre 1905, à un moment où la jeune République se sent menacée par les assauts du cléricalisme et par l'opulence des congrégations, qui accumulent les richesses en échappant à l'impôt. Le débat d'alors sur la place du religieux dans la société française présente des similitudes avec celui d'aujourd'hui : entre les soutanes interdites au Kr

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