Rituel immuable, le gouvernement déboule ce matin en rangs serrés à l'Elysée pour présenter ses voeux au Président. Il sonne ainsi le début d'une longue liturgie que Jacques Chirac conclura samedi sur ses terres de Corrèze. Par-delà ces figures imposées, l'année 2004, riche en rendez-vous électoraux (cantonales, régionales, européennes et sénatoriales), fait figure de galop d'essai pour la compétition élyséenne. Il n'y aura en effet pas d'autre élection avant 2007, et la question de la succession d'un chef de l'Etat entrant dans sa dixième année de règne dominera les mois à venir.
Raffarin n'est, lui, en quête que d'un second souffle pour tenir à Matignon. Il peut donc faire mine de s'indigner de cette agitation dans une interview à Sud-Ouest aujourd'hui (lire page suivante). Admettant que Sarkozy «a envoyé un signal» en affichant ses ambitions, il le met en garde: «Un ministre est un serviteur, un candidat ne l'est pas tout à fait.» Pendant ce temps, le fils préféré, Juppé, rêve, lui, de retour en grâce.
L'année sera aussi cruciale pour François Bayrou. Que le patron de l'UDF échoue, et il devra rentrer dans le rang ; que sa stratégie d'autonomie perturbe le duel UMP-PS, et il sera plus intenable encore pour les chiraquiens.
A gauche, une autre succession devrait enfin être pourvue : celle d'un Jospin toujours pas remplacé. Fabius, Strauss-Kahn et Hollande continueront à creuser leur sillon en vue de 2007, une échéance qui intéresse aussi Lang, Delanoë... et Kouchner, qui, jug




