Nantes de notre correspondant
Sur la scène du cinéma de Campbon, petit bourg de Loire-Atlantique, François Léotard lisait, hier, des extraits de son dernier livre À mon frère. Philippe Servain, l'ex-accordéoniste du frère comédien, disparu en août 2001, l'accompagnait dans ce «concert lecture» organisé par l'écrivain Jean Rouaud. «Je ne me sens pas, comme Bernard Tapie, l'âme d'un comédien, tient à préciser l'ex-ministre de la Défense, je n'ai pas envie de retomber dans la soupe de la politique, mais pas envie non plus d'y cracher.» Quand il s'explique sur sa retraite anticipée, l'ancien chef du parti républicain (1) n'a pourtant pas de mots assez durs sur la politique : «Ce langage convenu, très artificiel, est la forme la plus élaborée du racolage, même avec la sincérité des idées. Il y a trois cents ans qu'on n'a pas dû entendre un homme politique parler d'amour ! Aux 3 000 mots du discours de l'ENA, le marketing politique adjoint désormais les formules qui marquent, issues des sondages commandés par Matignon. Avec le prompteur, on a les outils formidables pour des gens qui n'ont rien à dire.»
Il est peut-être has been, mais ne se sent pas loser : il rappelle qu'il n'a «jamais été battu» à une élection. Et que, quand il lui a annoncé qu'il voulait abandonner la scène politique, Chirac a dit : «la France a besoin de toi, et autres conneries. Il m'a envoyé en Macédoine en 2001. Je ne regrette pas d'avoir contribué à conclure un accord de paix qui tient toujours. De retour de




