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Libération

Les députés, la tête dans le voile à l'Assemblée nationale

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Publié le 04/02/2004 à 22h45

C'est la loi des arguments réversibles. Le début, hier, des échanges parlementaires n'a pas vraiment levé le voile sur les raisons d'approuver ou de refuser le projet de loi qui vise à interdire le port de signes religieux à l'école. Chacun, qu'il se soit exprimé en faveur ou non du texte gouvernemental, a usé peu ou prou des mêmes arguments pour justifier son vote.

Il en est ainsi de la laïcité. C'est en son nom que Jean-Pierre Raffarin a défendu son projet de loi. «La laïcité, notre laïcité, ce n'est pas le refus de la religion», essaie-t-il de faire valoir tout au long d'un discours sans souffle. «Ce projet de loi n'est pas dirigé contre une population ou une religion.» Mais il doit «marquer la frontière entre ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas», et «répondre à ceux qui voudraient mettre leur appartenance communautaire au-dessus des lois de la République».

Refus. Pas de quoi rassurer François Bayrou, et encore moins Marie-George Buffet. C'est au nom de la laïcité que l'un comme l'autre s'opposent au texte proposé. Le président de l'UDF estime que le débat autour du voile a «donné le sentiment que la laïcité était redevenue hostile au fait religieux». Quant à la secrétaire nationale du PCF, si elle considère «la laïcité menacée», elle juge que le projet «pointe du doigt tous les croyants, en stigmatisant particulièrement les musulmans, en visant une fois de plus parmi eux les femmes, en faisant du voile un étendard qu'il n'était pas toujours».

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