Menu
Libération

Leçon de sagesse de l'élu de Mayotte.

Réservé aux abonnés

Publié le 06/02/2004 à 22h48

La droite comme la gauche l'ont applaudi. Pour ce qu'il a dit, hier dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, mais aussi ­ et peut-être surtout - pour ce qu'il est. Mansour Kamardine est le seul député de confession musulmane. Elu UMP de Mayotte depuis 2001, cet avocat de 44 ans s'est prononcé en faveur de la loi prohibant le voile, applicable «sans difficultés particulières» dans son île de l'océan Indien. Là-bas, assure-t-il, les filles alternent «avec éclat, dès la maternelle, tenue européenne et habit traditionnel». A ce sujet, précise-t-il, il ne faut pas confondre le «salouva» et le «kishali», des pièces d'étoffes laïques, avec le «bwibwi», «un ensemble noir, triste». Et religieux. Quant au «kofia», il s'agit d'une coiffe pour hommes. En somme, la loi peut interdire le voile, mais pas n'importe lequel.

Plus sérieusement, Mansour Kamardine s'est adressé à ses «compatriotes de confession musulmane». «Ne vous trompez pas d'adversaire, les a-t-il prévenus. Votre adversaire, ce ne sont pas les autres religions, votre adversaire ce n'est pas le présent projet de loi, votre véritable adversaire, c'est l'intégrisme qui gangrène le culte en France.» Puis se tournant vers «la communauté nationale», l'élu mahorais a souhaité «qu'elle évolue également et qu'elle porte un regard nouveau sur les musulmans de France». Et de lancer à tout un chacun : «Autant nous sommes intransigeants dans la sanctuarisation de l'école, autant nous devons être exigeants devant l'ascenseur social pour

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique