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Ferry, de mal en pis.

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La loi prohibant les signes religieux à l'école sera votée aujourd'hui à l'Assemblée. Retour sur les cafouillages du ministre de l'Education.

Publié le 10/02/2004 à 22h54

Il était contre une loi. Puis «très fier» de l'écrire ­ d'ailleurs, il allait le faire en personne. Mais de bandanas ostensibles en pilosités ostentatoires, il a finalement été réduit au silence par le gouvernement. La loi prohibant le port de signes religieux qui sera votée aujourd'hui à l'Assemblée nationale signe une défaite supplémentaire de Luc Ferry, ministre de l'Education nationale éternellement en sursis. Pis, ce grand défenseur de l'école privée confessionnelle aura bu le calice jusqu'à la lie.

A-t-il seulement compris pourquoi ? Lorsqu'il présente le 27 janvier, salle Colbert à l'Assemblée, le projet de loi devant les députés UMP et son épouse installée au banc des collaborateurs, il lâche un inconscient : «Faites donc comme vos collègues de l'UDF...» Or les députés centristes sont majoritairement opposés à la prohibition du foulard à l'école... «Il ne comprend rien à la politique», l'excuse un dirigeant du parti chiraquien. Par crainte de nouvelles bourdes, Matignon s'emploie à encadrer son ministre. C'est Jean-Pierre Raffarin lui-même qui, le 4 février, introduit le débat dans l'hémicycle. Pour donner à son projet de loi une once de solennité, mais surtout pour empêcher Ferry de nuire. La consigne vient de l'Elysée. Lorsque Jacques Chirac lui a demandé de faire en sorte que «le débat se passe bien», le président de l'Assemblée, Jean-Louis Debré, a traduit : «Fais taire Ferry...»

Mot d'excuse. Durant les trois jours d'échanges parlementaires, le ministre n'est d'ai

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