En matière de voile, les apparences sont souvent trompeuses. Le projet de loi qui interdit le port ostensible de signes religieux à l'école a, certes, été adopté hier à l'Assemblée nationale par 494 députés contre 36. 31 élus se sont abstenus. Les troupes chiraquiennes et socialistes se sont temporairement jointes pour permettre l'adoption d'un texte qui sera soumis aux sénateurs les 2 et 3 mars. Approuvée sans doute dans les mêmes termes, la loi sera promulguée avant le premier tour des régionales, le 21 mars. C'est dire si cette future disposition législative va continuer de faire parler d'elle au cours de la campagne électorale. Mais aussi à la rentrée de septembre, lorsqu'il s'agira de vérifier si la loi a convaincu les jeunes filles de se présenter tête nue à l'école. Puis, de nouveau, en septembre 2005 puisque l'article 4 de ladite loi proposé par les socialistes prévoit son évaluation un an après sa mise en oeuvre.
«Loi inutile». Le voile va donc encore faire danser la République et ses représentants. Hier, dès la proclamation des résultats par le président de l'Assemblée, Jean-Louis Debré, les députés étaient bien pressés de quitter l'hémicycle. Comme s'ils voulaient en finir au plus vite. Ils se sont montrés si prompts à quitter leurs sièges qu'ils en ont presque oublié d'écouter le Premier ministre. Jean-Louis Debré les a rappelés à l'ordre. Ils ont donc pu entendre Jean-Pierre Raffarin leur assener une nouvelle banalité : «La République et la laïcité sortent au




