«Je ne suis pas certain que nous gagnions les régionales. En revanche, je suis sûr que l'UMP va les perdre.» Cette prédiction électorale est signée François Hollande. Pour ne pas faire mentir leur premier secrétaire, à moins d'un mois du scrutin, les dirigeants socialistes cherchent, selon le mot de l'un d'entre eux, «à marquer la différence» avec le gouvernement. Angle de démarcation tout trouvé : l'emploi. Argumentation : la droite détruit l'emploi, la gauche en crée.
«Régression sociale». Hier, coup sur coup, les socialistes ont annoncé le dépôt d'une motion de censure et une série d'initiatives électorales sur le sujet. En guise de mise en bouche, les députés du PS avaient, la veille, déjà publié un «livre noir» de la politique gouvernementale, intitulé «l'Abandon social, le vrai bilan de Chirac et Raffarin». C'est le député de l'Isère, Didier Migaud, qui a soufflé l'idée de la censure à Jean-Marc Ayrault, président du groupe. Une initiative sitôt validée par François Hollande. Lequel devrait monter, mardi ou mercredi, à la tribune de l'Assemblée pour «dénoncer une politique de régression sociale» et «montrer qu'une autre politique est possible».
C'est la seconde fois que le groupe socialiste cherche à censurer le gouvernement Raffarin. La première, c'était en juillet, à propos de la réforme des retraites. Comme il y a neuf mois, la motion ne sera évidemment pas votée : la droite est largement majoritaire à l'Assemblée. Mais comme il y a neuf mois, le PS réussira sans dout




