Seul contre tous, tous contre lui. Avec son numéro de tireur solitaire, mardi, à l'Assemblée nationale, lors du débat sur la motion de censure déposée par les socialistes, François Bayrou s'est mis beaucoup de monde à dos. A commencer par certains de ses plus proches amis. «C'était une connerie sans nom, note, lapidaire, mais sous couvert d'anonymat, un de ses plus fidèles soutiens. Il a voulu faire du ski hors piste. Il s'est planté !» Le même regrette que le candidat aux régionales en Aquitaine n'ait pas laissé un «second couteau» discourir à sa place : «Il veut tout faire lui-même. Il ne peut pas s'empêcher de faire son numéro. Ça lui jouera des tours...» L'agressivité avec laquelle le président de l'UDF a attaqué tout à la fois la gauche et le gouvernement est restée en travers de la gorge de nombreux parlementaires de droite. Et en particulier de ses anciens collègues centristes.
«A force d'avoir la grosse tête et de faire le grand écart, il va finir par rester cloué au sol, assène Marc-Philippe Daubresse (UMP, Nord). Moi qui suis un centriste de conviction, attaché aux valeurs de la démocratie chrétienne, je trouve dommage d'utiliser les procédés simplistes de l'extrême droite pour des ambitions personnelles.» Même colère chez le patron du groupe UMP, Jacques Barrot, qui déplore que François Bayrou «prenne en otages l'ensemble des partis en parlant de collusion entre la droite et la gauche. C'est un langage qui rappelle certains discours du FN. Nous n'avons pas besoin a




