Pour le gouvernement, les chiffres 2003 sont intraitables. Non seulement les déficits publics ont atteint 4,1 % du PIB, record d'Europe, et la dette a bondi à 63 % de la richesse nationale (Libération du 2 mars), mais les prélèvements obligatoires ont eux aussi augmenté. Et sont passés de 43,8 % à 43,9 % du PIB, un chiffre révélé hier par l'Insee. Leur baisse, entamée sous Jospin en 2001, est donc interrompue. Pour un gouvernement qui a fait de leur allégement l'un des axes majeurs de sa mission, il y a des jours meilleurs. Même si, selon l'expression de Francis Mer, dans une interview au Monde daté d'aujourd'hui, il ne s'agirait là que de «l'épaisseur du trait».
L'Insee confirme les éléments apparus à l'automne lors de la discussion budgétaire. La baisse de l'impôt sur le revenu n'a pas compensé la hausse des impôts locaux et des cotisations chômage intervenue l'an dernier. Ce qui fait dire au député PS Didier Migaud que «la baisse des impôts est bien une fiction pour la grande majorité des Français». Il juge que «les 10 % de foyers aisés captent 70 % de la baisse de l'impôt sur le revenu ainsi que les allégements fiscaux ciblés sur l'ISF (impôt de solidarité sur la fortune, ndlr) et les niches fiscales», alors que les autres subissent «une augmentation réelle de leurs impôts et taxes». Ce sont plutôt les prélèvements «injustes» (impôts locaux) ou proportionnels (cotisations sociales) qui ont augmenté, quand l'impôt sur le revenu progressif, lui a diminué.
Reste à savoir




