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Libération

Le PS à l'épreuve de la détresse

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Dans un contexte social dégradé, les socialistes craignent les extrêmes.

Publié le 13/03/2004 à 23h44

Lille envoyé spécial

Paradoxalement, c'est Jean-Pierre Delevoye qui donne la clé du scrutin : «Ce qui se joue ici, c'est la puissance du politique à peser sur le cours des choses.» Drôle de tête de liste UMP que le ministre de la Fonction publique : une stature tellement haute qu'il paraît avoir en permanence la tête dans les nuages et l'esprit ailleurs. Lorsqu'il visite une passementerie, aux environs de Lille, le candidat à la présidence de la région Nord-Pas-de-Calais admire les machines à tisser qui tricotent galons, rubans et cordes de rideaux, et passe devant les ouvrières sans les saluer. A l'évidence, ses fugaces espoirs d'enlever la région à la gauche se sont évanouis et, au déjeuner, il prend plus de plaisir à parler cinéma ­ il a adoré Podium ­ qu'affaires régionales. Mais tout cela ne l'empêche pas de voir qu'ici, face aux fermetures d'usines ininterrompues, la question n'est pas celle de l'alternance régionale, mais bien celle de l'existence même d'un pouvoir politique capable d'influer sur les événements.

Le Nord-Pas-de-Calais, c'est un cas d'école. Une situation géographique exceptionnelle, une excellente desserte TGV, des positions solides dans le ferroviaire, la logistique, l'agroalimentaire ou l'automobile (dans ce secteur, un tiers de la production française vient de la région), un niveau de créations d'emploi supérieur à l'Ile-de-France. Mais également trente ans de restructurations industrielles (mines, sidérurgie, textile), un sous-investissement importan

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