Ils voyagent dans le TER, c'est la région qui les transporte. Voteront-ils pour autant aux régionales ?
Lundi, 7 h 37. Le train de la ligne Rennes-Nantes, à cheval sur deux régions, glisse doucement. La locomotive est frappée de l'écusson des Pays de la Loire, et les deux voitures, de la mention TER Bretagne. A l'intérieur, des étudiants, des employés, des enseignants. Bien calé sur un siège, un homme portant une cravate avec le vocable ecology dort. Savent-ils que leur transport dépend des assemblées de deux régions différentes ? «Et comment !, répond Dominique, 45 ans, cadre bancaire. Cela fait un moment que nous réclamons des voitures supplémentaires le vendredi car il y a davantage de voyageurs et beaucoup doivent rester debout. Mais on nous répond que la décision est compliquée à cause des deux administrations.»
Dimanche, Dominique ira voter, comme toujours. «C'est trop facile de critiquer quand on n'a pas voté. Et cette fois-ci, ça vaut le coup, en Bretagne, où la région peut passer d'un côté comme de l'autre. Mais les programmes sont assez proches. Et si je ne vote pas de Rohan (le président UMP sortant, ndlr), ce sera pour envoyer un signal à Raffarin.» Dominique croit au vote sanction. «Suffit d'observer ce qui vient de se passer en Espagne avec la défaite d'Aznar.» Toutefois, ce qui l'effraie, c'est le risque d'une forte abstention. «Il est question de plus de 40 %, ce n'est pas normal, cela donne trop de pouvoir aux extrêmes. Mais je trouve aussi anormal que des gen




