Quel point commun entre les colleurs d'affiches d'Arlette Laguiller (LO-LCR) et ceux de Jean-François Copé (UMP) ? Réponse : ils appartiennent à la même société, Clear Channel, qui est en train de rafler partout en France le marché du collage officiel. «C'est la fin des bagarres nocturnes entre militants», se réjouit Philippe Jay, responsable du développement chez Clear Channel. L'explication est simple. Depuis les lois de moralisation et de transparence de la vie politique adoptées au début des années 1990, l'Etat rembourse le collage des affiches officielles sur les panneaux électoraux pour toutes les listes dépassant 5 % des voix. Les autres listes seront seulement remboursées de la moitié des frais.
Filiale de Dauphin, leader français de l'affichage extérieur, la société Clear Channel a donc démarché les candidats pour leur proposer ce service «gratuit», payé par les contribuables. Les mandataires financiers de chaque liste signent un papier (une «subrogation») qui permet à la société de percevoir l'argent directement auprès des préfectures. Soit 1,60 euro par affiche et 0,85 euro par bandeau. Sachant qu'il y a 83 000 bureaux de vote devant lesquels sont placés les panneaux électoraux et que certains candidats exigent deux ou trois affiches par panneau, le marché est rentable...
«Sécurisant».
Pour Philippe Jay, ce «service» rendu aux candidats a l'avantage d'être «sécurisant» : les colleurs sont tous des professionnels qui opèrent habituellement dans les gares ou sur les pa




