Rouen, envoyé spécial.
C'est là qu'ils ont obtenu leurs meilleurs scores à la présidentielle de 2002. C'est là qu'ils sont aujourd'hui en mesure de provoquer une quadrangulaire. Et c'est là que la gauche pourrait perdre à cause d'eux. «Ils», ce sont les trotskistes unis de LO et de la LCR. «Là», c'est en Haute-Normandie.
Christine Poupin milite à la LCR depuis 1980. Elle travaille à l'usine AZF de la banlieue de Rouen (Seine-Maritime). Qui licencie. Tête de liste LO-LCR pour la région, cette technicienne en chimie de 46 ans n'a quasiment qu'un discours à la bouche : non aux aides publiques aux entreprises. Son quatre-pages de campagne est limpide : «Le Vern, président socialiste de la région, ose se vanter de subventionner grassement les entreprises.» Suivent les sommes attribuées à Total, Sanofi, AZF, Renault et le nombre des licenciements... La thématique, bien rodée, est relayée sans peine par Gisèle Lapeyre, tête de liste LO pour la Seine-Maritime, puisque c'est son parti qui en est à l'origine, avec le slogan : «Interdiction des licenciements.»
Selon les deux chefs de file trotskistes, gauche et droite régionales sont, sur ce point comme sur bien d'autres, en totale symbiose. «Ce n'est pas une question sur laquelle ils se démarquent», relève Christine Poupin. Alors, gauche et droite, même combat ? «Si on n'a pas les moyens d'être au second tour, on ne donnera pas de consigne de vote, même si, pour nous, droite et gauche ce n'est pas pareil...», explique la candidate de la




