La vanne vient des bancs de la gauche. Lorsqu'un parlementaire adresse sa question au Premier ministre, des voix s'élèvent pour demander : «Lequel ?» C'est qu'hier, à l'Assemblée nationale, il y avait deux chefs de gouvernement. L'officiel, Jean-Pierre Raffarin, à peine remis de la déroute électorale et de son discours de politique générale raté de la veille, et le prétendant, Nicolas Sarkozy, tout juste nommé ministre de l'Economie et des Finances et déjà des projets plein les poches.
Ce dernier a ouvert le bal des premières questions d'actualité au nouveau gouvernement en répondant à trois interpellations. L'occasion de préciser sa politique économique et de suppléer au flou raffarinesque de lundi. «Je dois être le gardien du fruit du travail des Français et donc de leur argent», a-t-il d'abord affirmé, ajoutant, comme pour garder ses distances avec des promesses présidentielles parfois coûteuses : «Qu'on ne compte pas sur moi pour mener une politique qui conduirait le pays à rien d'autre qu'au désastre financier. Il n'est pas question de laisser filer les déficits.» Puis il a présenté l'esquisse d'un programme dans «quatre directions». D'abord la chasse aux dépenses «moins utiles», qu'il «faudra réduire sans tabou», laissant entendre que la cure d'amaigrissement de l'Etat pourrait aller au-delà de ce qu'avait prévu Francis Mer. Ensuite, des «ventes d'actifs pour désendetter l'Etat». Puis une réforme de l'assurance maladie dont «il faut juguler l'hémorragie», un engagement




