C'est sa peau que joue Raffarin. Et plus vite que prévu. Quinze jours après sa reconduction à Matignon, il saura s'il obtient un premier sursis le 14 avril. Les députés seront alors amenés à se prononcer, lors d'un vote solennel de première lecture, sur le projet de loi sur les responsabilités locales. S'il est acquis que la gauche et l'UDF s'y opposeront, il n'est pas certain que la totalité des 364 députés UMP l'approuve. Loin de là.
Ce texte, dit loi de décentralisation, pierre angulaire du raffarinisme, est devenu une sorte de ramasse-colère. Surtout à l'UMP. Hier matin, la réunion du groupe a tourné vinaigre. Ils étaient une grosse centaine réunie, dès potron-minet, à huis clos, dans la salle Colbert. Après deux heures d'empoignades, un grognard de l'ex-RPR, féru des joutes parlementaires, assure «ne pas avoir connu cela en dix-huit ans de mandat. C'était n'importe quoi. Tout le monde parlait. Chacun s'apostrophait. Certains, même, brûlaient les icônes». A commencer par celle de Jean-Pierre Raffarin.. «Personne ne comprend rien à son usine à gaz, explique un député tête de liste départementale aux régionales et terrassé le 28 mars. Il nous a emmenés à l'échafaud électoral avec son texte. Pourquoi serait-on les seuls à avoir la gueule coupée ?» Un autre, René Couanau (Ille-et-Vilaine), au contraire, a imploré ses collègues: «On va enterrer la décentralisation. N'enterrons pas le fossoyeur avec !» Il s'en est fallu d'un cheveu.
Question. Devant l'insistance de la base, on e




