Enfin, l'UMP s'éclate. Découvre un semblant de liberté de parole. Enterrés depuis deux ans, les courants refont surface après la claque électorale. Et, cette fois, Alain Juppé, président sur le départ, n'est plus en mesure d'imposer le silence dans les rangs. «Soyons lucides : nous ne sommes pas devenus la grande formation de la droite et du centre que nous voulions être», reconnaît un dirigeant chiraquien. Après l'échec des élections régionales, la mission du nouvel homme fort de la rue de la Boétie, François Baroin, consiste donc à encourager l'«autocritique». Et à «redonner du souffle à l'UMP» en s'ouvrant à tous les courants. Le parti monolithique voulu par Jacques Chirac a vécu.
La preuve, Alain Madelin n'hésite plus à s'en prendre directement à Jérôme Monod, principal conseiller de Chirac, considéré comme le père fondateur du parti. «Si l'UMP devait être un parti monoculturel, monocourant, mono tout court, elle retrouverait rapidement les frontières de l'ex-RPR», a-t-il lancé mercredi. L'ex-ministre de l'Economie a réuni ses troupes pour les inciter à créer un «grand courant réformateur et libéral» au sein du parti chiraquien.
Le problème, c'est que les différentes «sensibilités» commencent déjà à étaler leurs divisions au grand jour. Notamment sur les raisons de la défaite. Si Alain Madelin estime que «le désaveu électoral ne signe pas l'échec d'une politique libérale» et s'inquiète du virage social amorcé par Chirac, les démocrates-chrétiens venus de l'UDF pensent exac




