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Libération

Revirement socialiste sur le principe de précaution

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Publié le 27/05/2004 à 0h48

C'est le socialisme-girouette. Celui qui bouge au gré de l'air du temps et de l'humeur de ses présidentiables. Hier matin, la réunion du groupe PS à l'Assemblée nationale a été le théâtre d'un étonnant revirement collectif.

Jusqu'alors, le vent chez les députés PS était plutôt favorable à l'adoption de la charte de l'environnement et, par conséquent, à l'inscription du principe de précaution dans la Constitution. Dans les couloirs du Palais-Bourbon, Ségolène Royal s'en félicitait même. Une attitude dictée notamment par le souci de coller aux idées écologistes.

Soudain, hier, par l'effet conjugué de convictions réelles et d'intérêts stratégiques, la majorité des députés PS a changé d'avis. Si bien que plus grand monde n'avait envie de «voter pour». Une défection qui n'a pas empêché, hier soir, la majorité UMP d'adopter l'article 1 de ce texte voulu par Chirac, c'est-à-dire le principe de l'intégration de la charte à la Constitution. Mais au finale, ce n'est que mardi, quelques heures avant le vote solennel en séance publique, que les députés PS arrêteront définitivement leur décision. D'ici là, d'autres zéphyrs auront peut-être soufflé...

La bise a commencé à faire son effet dès mardi soir, lors de la réunion du bureau national du parti. Hollande est absent, retenu à Marseille par un meeting avec Michel Rocard (Libération d'hier). Jean-Luc Mélenchon ouvre les hostilités et s'inquiète de ce principe de précaution contraire, selon lui, à l'esprit de progrès. Jean-Christophe Cambad

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