Menu
Libération

Le conflit israélo-palestinien s'invite au scrutin

Réservé aux abonnés

La liste Europalestine, dont fait partie Dieudonné, ne se présente qu'en Ile-de-France.

Publié le 10/06/2004 à 0h59

Des hôtesses en pagne aux couleurs du drapeau palestinien proposent des pâtisseries orientales. On écoute les gnawas du Maroc. Les 28 candidats viennent lire des poèmes, des déclarations de pacifistes israéliens ou des extraits de rapports d'Amnesty international. Plusieurs sont juifs et l'humoriste Dieudonné, maître de cérémonie, le précise à chaque fois. Tout en continuant, de sa voix pateline, à crier au complot : «J'ai été victime d'un lynchage particulièrement violent de la part de la propagande sioniste, qui est extrêmement puissante dans ce pays, il faut le dire.»

Complaisance. Mardi soir, la liste Europalestine, qui ne se présente qu'en Ile-de-France, tenait meeting au Palais des Sports devant deux à trois mille personnes. L'occasion de dénoncer la politique d'Ariel Sharon et les exactions de l'armée israélienne ou de regretter qu'à Epinay, Dominique de Villepin n'ait rendu visite qu'au jeune juif poignardé, en oubliant les autres victimes attaquées le même jour. Mais aussi de présenter cheikh Yassine, leader du Hamas tué par Tsahal, comme «un vieillard dans sa chaise roulante» et de désapprouver les accords de Genève, pourtant élaborés par des personnalités civiles des deux camps. Et enfin, au cours d'un jeu de devinettes au goût douteux, de faire huer Dominique Strauss-Kahn ou Bertrand Delanoë, accusés de complaisance envers Israël.

Dans le public, beaucoup de Français d'origine maghrébine, rarement islamistes: à l'image de Rachida, 23 ans, étudiante, qui a voté UMP

Dans la même rubrique