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Libération

En Gironde, on se dévergonde

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Alain Juppé la tête ailleurs, les petits chefs se déchirent sur l'héritage.

Publié le 17/06/2004 à 1h06

Bordeaux, correspondance.

Il n'a pas encore tourné le dos que déjà les disputes éclatent. Le départ annoncé d'Alain Juppé donne des ailes aux militants UMP girondins qui retrouvent une certaine liberté de parole pour mieux se taper dessus. «Quand Juppé va partir, l'UMP Gironde va imploser», prédit déjà David, adhérent de 32 ans.

Pagaille. Chamailleries et mesquineries ont éclaté pendant la campagne des européennes, certains militants refusant de tracter et de coller les affiches. En plein désordre, la fédération UMP est par exemple secouée par une querelle entre la députée Marie-Hélène des Esgaulx, présidente départementale de l'UMP, et le secrétaire départemental, Nicolas Florian : une guerre de minichefs qui, analyse un cadre de l'UMP, «n'aurait jamais éclaté si Juppé n'était pas déjà ailleurs. S'il s'impliquait, tout serait vite rentré dans l'ordre». Trop tard. En fait, les troupes se disputent déjà l'héritage de Juppé. Et les militants se lâchent. Marie-Hélène des Esgaulx «veut tout le pouvoir et n'a qu'un objectif : être sur la photo aux côtés de Juppé. A vouloir tout faire, elle ne fait rien», accuse un vieil Arcachonnais. L'autre députée, Chantal Bourragué, n'est pas plus ménagée. Lorsqu'elle arrive dans une réunion, elle ne recueille aucun applaudissement, et encaisse parfois des sifflets de militants décidés à ne plus supporter ses bourdes. «Mais qu'est-ce que fait Juppé ? Il ne s'en mêle pas. Du coup c'est le bazar. Il a des qualités énormes mais ce n'est pas un mene

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