Menu
Libération
Éditorial

Trouble

Réservé aux abonnés

Publié le 26/08/2004 à 1h53

L'affaire Battisti n'a pas fini de semer le trouble en France, en particulier parmi ceux qui étaient les moins disposés à accepter son extradition. La seule certitude pour l'heure reste que l'ex-militant gauchiste, condamné en Italie pour meurtres, est redevenu un fugitif pour se soustraire à la justice française.

Des informations fiables nous ont convaincus de son départ à l'étranger, préparé de longue date. Dans une lettre à ses avocats (vieille d'une semaine), il dit vouloir rester en France. Possible, mais pas certain, tant cela serait risqué pour lui. Il est de bonne guerre pour un clandestin de vouloir brouiller les pistes.

Ici encore, ou là-bas déjà, Battisti soulève des questions qui dépassent de loin sa situation individuelle et ses choix, que chacun jugera en fonction de ses valeurs et convictions. Bafouer la loi mine la démocratie, bien sûr. Mais appliquer une loi au mépris de la justice ne la fragilise pas moins. Or, c'est bien ce que s'apprête à faire le ministre de la Justice. La présence sur le sol français, depuis un quart de siècle, d'Italiens condamnés pour des crimes et délits a résulté d'une décision politique de l'Etat français. Elle a créé un état de fait qui ne peut être remis en cause sans injustice.

La réponse donnée aux demandes d'extradition italiennes dira si oui ou non la République compte pour rien la parole donnée par celui qui l'incarne. Peut-être est-il vain d'attendre de l'Etat qu'il agisse, au-delà de son intérêt, en vertu d'un certain sens de

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique