Aujourd'hui, Jean-Pierre Raffarin fait du social. Le projet de loi sur la cohésion sociale doté de près de 13 milliards d'euros pour agir à la fois sur l'emploi, le logement et l'égalité des chances est présenté en Conseil des ministres par Jean-Louis Borloo. Prévu sur cinq ans, le plan «devrait produire des effets lourds en 2006-2007», estime le ministre, qui insiste sur son «ampleur sans précédent».
Le contrat d'avenir, un contrat de travail destiné aux bénéficiaires de minima sociaux, qui vise à remplacer les contrats existants (contrats emploi-solidarité et contrats emploi consolidé), devrait être mis en place dès le mois de décembre (lire Libération du 30 juin). Il pourrait bénéficier, au total, à «2 millions de familles», martèle Borloo. Qui ajoute : «Le pire ennemi d'un programme comme celui-là, c'est le scepticisme». Du scepticisme, pourtant, son plan en suscite, y compris dans les rangs de la majorité.
Alors que les associations de chômeurs s'inquiètent de la mise en place de sanctions graduées pour les demandeurs d'emploi, le Medef regrette, lui, un contrôle des chômeurs «fortement allégé». C'est que Jean-Louis Borloo se heurte aux contradictions d'un gouvernement qui cultive les ambiguïtés. Le grand virage social annoncé par Chirac au lendemain de l'échec des régionales et cantonales de mars illustré par la montée en puissance de Borloo peine à s'affirmer, tant les tentations libérales sont fortes à droite.
A Matignon, on parle d'«équilibre» entre les deux pô




