Un petit en-CAS pour Luc Ferry et une trentaine de penseurs de la France. C'est ce matin que le Premier ministre doit installer le Conseil d'analyse de la société (CAS). L'ex-ministre de l'Education nationale le présidera pour cinq ans avec «la mission d'éclairer les choix politiques du gouvernement (...) lorsque les décisions à prendre présentent des enjeux liés à des faits de société». Comme l'homoparentalité ou la dépénalisation du cannabis. Ce CAS a été construit comme «le pendant» du CAE, le Conseil d'analyse économique créé par Lionel Jospin en 1997. Il peut examiner des questions «soumises» par le chef du gouvernement ou se saisir de celles qu'il juge «utiles».
Luc Ferry, qui devrait percevoir une «indemnité forfaitaire mensuelle» de 1 800 euros, a passé une partie de son été à essayer de débaucher des intellectuels de droite et de gauche. Surtout les seconds en fait, pour tenter d'éviter les accusations de monisme. Considérés comme «plutôt à gauche», le linguiste Tzvetan Todorov, l'écrivain-médecin Jean-Christophe Rufin et l'historien Michel Winock. Ce dernier, «libre de tout engagement», avoue «avoir surmonté une sorte de préjugé traditionnel de gauche selon lequel les initiatives de droite sont mauvaises». Pour autant, Michel Winock reconnaît qu'«il y a toujours un risque de manipulation». Et, si c'est le cas, «on peut toujours démissionner», se rassure-t-il.
D'autres personnalités ont préféré ne pas avoir à le faire. Bien que nourrissant une «relation affective» ave




