Des connexions qui n'étaient plus de saison depuis belle lurette entre l'UMP et l'UDF, une raison supplémentaire pour les socialistes de se diviser : la Turquie a bousculé hier les lignes du débat politique français. L'avis favorable émis par la Commission européenne quant à une éventuelle adhésion d'Ankara à l'UE (lire ci-contre) a entraîné une soudaine montée à l'assaut des opposants à l'ouverture de négociations. A droite comme à gauche, ils ont réclamé un débat parlementaire suivi d'un vote avant la réunion des chefs de gouvernement européens prévue à Bruxelles le 17 décembre. Le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, a fini par annoncer hier qu'un débat pourrait bien avoir lieu, mais que les députés ne seraient pas amenés à se prononcer par un vote.
Fronde. Du coup, sur tous les bancs de l'Assemblée nationale, la résistance s'organise. Hier matin, le député UMP souverainiste Philippe Pemezec (Hauts-de-Seine) commence par annoncer qu'une cinquantaine de ses collègues, auxquels se joint une poignée d'UDF, réclament une entrevue à Jacques Chirac. Les frondeurs viennent de tous les horizons : des libéraux comme Claude Goasguen (Paris) ou Axel Poniatowski (Val-d'Oise), des centristes comme Dominique Paillé (Deux-Sèvres) ou Jean-Christophe Lagarde (Seine-Saint-Denis), et bien sûr des souverainistes rangés derrière Nicolas Dupont-Aignan (Essonne). «On ne peut pas laisser le chef de l'Etat décider seul d'un sujet qui engage la France bien au-delà de son quinquenna




