La politique comporte quelques spécimens rares. Il existe ainsi un homme qui se rend tous les ans à l'église Saint-Louis-en-l'Ile pour assister à une messe à la mémoire de Georges Pompidou. Ce n'est pas la moindre des bizarreries d'Hervé Gaymard, 44 ans, ministre de l'Agriculture et père de huit enfants. Dans un livre qui sent bon le terroir, la Route des Chapieux (1), l'élu savoyard livre quelques confidences et brosse sa vision de la politique. Ecrit dans un style ampoulé où les adjectifs se superposent en pagaille, il n'y a rien de bien original dans cette description du «désenchantement démocratique». Ce qui est plus intéressant, en revanche, c'est la soudaine envie d'Hervé Gaymard de montrer qu'il a des idées et une réflexion sur la politique.
La sortie de son ouvrage intervient au moment où il brigue la succession de Nicolas Sarkozy à Bercy. Il a lui-même vendu sa candidature à Jean-Pierre Raffarin. Si d'aucuns à Matignon le jugent «pas assez politique» pour la place et lui préfèrent Philippe Douste-Blazy, Hervé Gaymard figure depuis quelques lois sur la liste des cartes secrètes de Jacques Chirac. Son nom a, un temps, été cité comme possible challenger de Nicolas Sarkozy à la tête de l'UMP. Il a également été prononcé parmi les successeurs potentiels de Jean-Pierre Raffarin à Matignon.
«Dans notre génération, il est de loin celui qui est le plus avancé sur la courbe d'expérience», note, admiratif, son collègue savoyard, le député UMP Dominique Dord. Hervé Gaymard a déjà




