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Libération

Impôts: les foyers à la traîne des patrons

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Le solde des prélèvements 2002-2005 est favorable aux entreprises, pas aux ménages.

Publié le 02/11/2004 à 2h50

Ernest-Antoine Seillière aurait dû tourner sa langue dans sa bouche avant de déclarer que «depuis 2002, pour les entreprises, on n'a rien fait». Une étude du Cepap (Collectif des économistes pour l'action politique), qui regroupe de jeunes économistes des secteurs public et privé, est venue démentir le patron du Medef. Révélée par le Journal du dimanche, l'analyse du Cepap montre qu'entre août 2002 et décembre 2005, les entreprises françaises ont bénéficié d'une baisse des prélèvements de 8,6 milliards d'euros, essentiellement sous forme de baisse de la taxe professionnelle (TP), de la réduction de l'impôt sur les sociétés (IS) et d'allègements de charges sociales. Dans la colonne des hausses (2,5 milliards), on trouve principalement celle des cotisations d'assurance chômage, décidée par... le Medef lui-même, cogestionnaire de l'Unedic avec les syndicats. Résultat, la «balance des comptes» est favorable de 6,1 milliards pour les entreprises.

Si Jean-Pierre Raffarin, face aux attaques de Seillière, n'a pas fait état d'un document qu'il connaissait certainement, c'est que, pour les ménages, la mariée est moins belle. Sur la même période, le Cepap confirme ce que de nombreuses voix (Libération du 20 septembre) avaient avancé : la balance des comptes est négative de 1,5 milliard d'euros. Les baisses de prélèvement s'élèvent à 9 milliards (réduction de l'impôt sur le revenu, prime pour l'emploi, emplois à domicile, etc.), les hausses se montent à 10,5 milliards. Dans cette somme,

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