Menu
Libération

La France laisse mourir ses ours

Réservé aux abonnés

Seule une politique de réintroduction assurerait l'avenir de l'espèce.

Publié le 04/11/2004 à 2h51

Cannelle était un symbole. Sa mort ne changera pas le sort de l'ours brun en France, qui ne dépend que de la volonté des pouvoirs publics et des populations. La «grave perte pour la biodiversité» était largement entamée chez les ours et la diversité génétique nécessaire à la survie d'une population ne dépend ni d'une ni de quatre femelles. Cannelle était la dernière représentante de la souche pyrénéenne, mais il ne s'agit pas d'une sous-espèce. Elle était de l'espèce ours brun comme l'ours de Slovénie grâce auquel la France peut espérer préserver une population.

Noyaux. En France, l'ours brun relève encore du gadget. Condamné, avec ou sans Cannelle, à s'éteindre sans de nouvelles réintroductions. Dans les Pyrénées, la population est divisée en plusieurs noyaux : dans les Pyrénées centrales vivent 8 ou 9 adultes dont 4 femelles, qui tous viennent de Slovénie. Deux jeunes sont nés en 2003 et un ourson en 2004. Le deuxième noyau se situe dans le Béarn, où vivaient les derniers autochtones, deux mâles adultes, feu la femelle Cannelle et un troisième mâle, Néré, venu de lui-même des Pyrénées centrales. Au total, moins de vingt ours vivent dans les Pyrénées, dont quatre femelles.

«Nous essayons de déterminer, avec des modèles de viabilité, un seuil minimum pour qu'au bout de cent ans l'espèce ne soit pas éteinte. Nous en sommes en dessous», explique Pierre-Yves Quenette, responsable de l'équipe technique ours à l'Office national de la chasse et de la faune sauvage.

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique