Les militaires ont moins de droits que les autres citoyens. Et la révision de leur statut datant de 1972 que les députés vont examiner aujourd'hui et demain n'y changera pas grand-chose. Les 350 000 militaires français ne pourront toujours pas adhérer à un parti politique, exercer un mandat électoral dans des conditions normales, former des syndicats ou élire leurs représentants au niveau national. Seule modification notable, leur droit d'expression va être aligné sur celui des fonctionnaires civils. Ils n'auront plus à demander d'autorisation a priori, mais restent soumis au devoir de réserve et au confidentiel défense.
Pour le gouvernement, comme pour la hiérarchie militaire, ce «cantonnement juridique» est justifié par la spécificité du métier des armes. Devant le Conseil supérieur de la fonction militaire, Jacques Chirac a rappelé hier les «cinq principes fondamentaux sur lesquels est bâti l'édifice [militaire] : esprit de sacrifice, discipline, disponibilité, loyauté et neutralité».
Grogne. Si le monde militaire adhère à ces valeurs, la limitation des droits qui en découlera passe de plus en plus mal dans les casernes. Nombreux sont ceux qui regrettent, comme cet officier, que les militaires soient «une communauté exclue de la vie de la cité». «Une réforme ? C'est un simple toilettage», juge un autre, alors que le capitaine Michel Bavoil, fondateur de l'Association de défense des droits des militaires (1), dénonce les «restrictions abusives. Ce texte ne tient pas comp




