De plus en plus turcophile, Jean-Pierre Raffarin. Hier, à l'Assemblée nationale puis au Sénat, le Premier ministre a négocié un virage serré pour justifier l'ouverture des négociations d'adhésion avec la Turquie. «Laissons l'Europe exercer sa force d'attraction démocratique, car là réside sa puissance [...]. Rien ne condamne la Turquie à l'exclusion éternelle de l'Europe», a-t-il plaidé devant les députés, après les interventions des porte-parole des quatre groupes. Jusque-là, il avait plutôt défendu la mise en place d'un «partenariat privilégié» avec Ankara. Mais Jacques Chirac a enterré cette hypothèse lors de son allocution télévisée mercredi dernier. Au risque de se mettre en porte-à-faux avec sa majorité.
Avant lui, du haut de la tribune, devant un hémicycle à moitié vide, François Bayrou rappelle d'emblée que ce partenariat «avait été explicitement promis» par le Premier ministre. Mais le président de l'UDF dénonce surtout l'attitude du gouvernement qui refuse de faire voter les parlementaires. «Au nom d'un prétendu domaine réservé, vous avez interdit au Parlement de la République de s'exprimer ! S'il n'y avait pas la discipline de votre parti, et le verrouillage des institutions, ce serait une majorité qui vous dirait non.» Tel un funambule, le président du groupe UMP, Bernard Accoyer, justifie ensuite l'ouverture des négociations... tout en rappelant la position officielle de son parti : contre l'adhésion, pour le partenariat. «C'est dur de slalomer, quand même !» lui




