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Interview

«Il aimerait faire figure de sage»

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Marc Abélès, anthropologue, évoque l’échec et l’avenir de Jospin :

Publié le 15/01/2005 à 23h38

Anthropologue au CNRS, directeur du Laboratoire d’anthropologie des institutions et des organisations sociales, Marc Abélès publie le 27 janvier un essai, l’Echec en politique (Ed. Circé). Il analyse celui de Lionel Jospin en 2002 et ses chances de retour.

Jospin était-il programmé pour perdre ?

A la différence de certains hommes politiques piégés par leur propre image, tels Alain Juppé ou Laurent Fabius, Lionel Jospin n'avait pas le profil du loser. Avec lui, la fatalité n'est pas un a priori. La preuve : en 1995 et 1997, il a réussi de bonnes campagnes électorales. Alors que la campagne de 2002 s'annonce, la plupart des observateurs lui accordent de bonnes chances face à un Chirac empêtré dans les affaires. Il n'était pas programmé pour perdre. Mais c'est au moment d'entrer en campagne qu'il connaît une spirale de l'échec. Il ne résiste pas au présidentialisme à la française, qui survalorise et dramatise la souveraineté. Pour capter la souveraineté, Jospin s'oublie. Alors qu'il se voulait rationnel, garant d'une certaine éthique, il entre dans un duel à mort avec le Président sortant. Il use de la dramatisation et du tragique. C'est Docteur Lionel et Mister Jospin. A tel point qu'après avoir considéré que Chirac était «usé, vieilli, fatigué», il se rend à la télé pour dire : «Ce n'est pas moi. Cela ne me ressemble pas.» Il aurait été plus opportun de s'excuser. Ou d'assumer. Certainement pas de nier.

Quel type de loser Jospin est-il donc ?

Comme De Gaulle, il souhaite que son

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