Cette semaine, le climat s'est brusquement tendu à la mairie de Paris. Alors que Bertrand Delanoë s'était habitué à diriger la Ville face à une opposition atone et déchirée par une guerre des chefs, il a dû répondre, lors de la présentation de ses voeux, vendredi, à la sortie d'un «livre noir» publié la veille par l'UMP Paris. Intitulé Le Paris perdu de Bertrand Delanoë, ce petit ouvrage destiné aux militants UMP et à la presse recense avec férocité les dérives du «système Delanoë». La droite parisienne s'en prend aux «discours lénifiants et sirupeux» du maire, relayés dans les médias grâce à la hausse des dépenses de communication, «véritable matraquage» qui masquerait «le lent déclin» de la capitale.
Sans entrer dans la guerre des chiffres (l'opposition conteste aussi le nombre de crèches et de logements sociaux construits depuis 2001), le maire a répondu à l'accusation selon laquelle la masse salariale de son cabinet aurait augmenté de 20 % en quatre ans. Renvoyant l'opposition à ses pratiques passées, Delanoë a affirmé que ses collaborateurs «n'ont pas d'enveloppes pour améliorer leurs revenus. Ils n'auraient pas non plus l'idée de demander un logement à la Ville». Avant de conclure : «Ce ne sont pas des emplois fictifs !», dans une allusion transparente à l'affaire qui a vu Alain Juppé, ex-adjoint aux Finances sous Jacques Chirac, écoper de quatorze mois de prison avec sursis et d'un an d'inéligibilité.
Pendant que le maire rappelait les errements de la Chiraquie municipa




