Un nouveau caillou européen dans les souliers socialistes. Après le traité, la Turquie, voici la directive Bolkestein. Normalement, le oui massif au référendum interne au PS du 1er décembre devait tout régler. Les socialistes ayant voté non n'avaient plus qu'à se rallier au fait majoritaire. Au pire, à faire silence, laissant leurs camarades battre les estrades en faveur du oui lors de la campagne du référendum promis par Jacques Chirac.
Apparemment, Henri Emmanuelli ne s'en contentera pas. Le député des Landes lance aujourd'hui un site Internet (www.pour uneeuropesociale.org) destiné à empêcher l'adoption d'un projet de directive européenne, dite Bolkestein. Du nom de l'ancien commissaire néerlandais Frits Bolkestein, elle a pour objectif «d'établir un cadre juridique qui supprime les obstacles à la liberté d'établissement des prestataires de services et à la libre circulation des services entre les Etats membres». Elle repose sur une innovation juridique, «le principe du pays d'origine», qui permettra à un prestataire de services d'être exclusivement soumis à la loi du pays où il est établi et non plus à la loi du pays où il fournit le service.
Les parlementaires européens viennent de commencer l'examen de ce texte. Les députés, membres du groupe socialiste, sont unanimement contre. Ils divergent simplement sur la manière de le dire : soit en rejetant complètement le projet ou en l'amendant jusqu'à le vider de son contenu.
Henri Emmanuelli plaide pour le rejet pur et simple.




