Orléans correspondance
En venant festoyer dimanche à Sandillon (Loiret), commune de la banlieue orléanaise, le Front national (FN) s'offre une nouvelle provocation. En l'absence de Le Pen qui s'est décommandé, c'est le vice-président du parti d'extrême droite, Roger Holeindre, qui viendra y lancer la campagne du FN contre la constitution européenne en prononçant un discours aux militants et sympathisants frontistes. Cette réunion se tiendra à la Ferme d'Allou, haut lieu de la résistance locale, reconverti en lieu privé.
Pour Michel Guérin, maire (PCF) de la commune voisine de Saran, le Front national «insulte la mémoire des résistants locaux, dont nombre de mes proches qui ont été arrêtés, puis déportés dans la ferme d'Allou. Il vient cracher sur leurs tombeaux. C'est à la fois déplacé et odieux !» Sentiment partagé par Jean-Pierre Sueur, sénateur (PS) du Loiret : «Je perçois la venue du FN comme une insulte à la mémoire des résistants, des maquisards et des déportés de notre département.»
La visite est d'autant plus controversée que le Loiret vit toujours avec le souvenir de ses camps d'internement de Beaune-la-Rolande, de Pithiviers et de Jargeau : des lieux de transit qui ont conduit 18 000 juifs (dont 4 000 enfants) vers les camps de la mort.
«Je suis certaine que Le Pen et son parti multiplient les provocations pour que l'on parle d'eux. Ce sont des militants actifs de la réhabilitation du régime de Vichy», insiste Hélène Mouchard-Zay, directrice du Centre de recherche sur




