Ancien président du Conseil constitutionnel, le sénateur socialiste des Hauts-de-Seine Robert Badinter accuse le président de la République de chercher à «polluer» le débat sur le Traité européen par la question de l'adhésion de la Turquie.
Le Parlement débute aujourd'hui la révision constitutionnelle nécessaire pour l'adoption du Traité européen. L'article 2 du projet de loi précise que tous nouveaux traités d'adhésion seront obligatoirement soumis à référendum. Pourquoi voulez-vous le supprimer ?
En procédant de la sorte, on lie dans le débat politique la question du Traité constitutionnel à celle de l'entrée de la Turquie. C'est faire le jeu de souverainistes à la Villiers. Il lui sera facile de dire que les deux sujets sont liés puisque le Parlement en débat simultanément. C'est un choix politique erroné. Rien ne nous oblige à régler la question du référendum sur la Turquie qui aura lieu au mieux dans dix ans à la question de l'adoption du Traité constitutionnel.
Vous dites cela parce vous êtes opposés à l'entrée de la Turquie dans l'Union ?
Je suis pour l'adoption du Traité constitutionnel. S'il n'est pas un chef-d'oeuvre, il est tout de même meilleur que celui de Nice qui nous régit actuellement. Mais, pour des raisons géopolitiques et de développement d'une Europe-puissance, je suis hostile à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. En élargissant l'UE à cette grande puissance d'Asie mineure, on se résigne à une Europe molle, une simple Europe-marché, celle que souhaite monsieur Bush. Alors que le XXIe siècle sera consacré au jeu d'équilibre entre les grandes puissances régionales à influence mondiale (les Etats-Unis, la Chine, l'Inde et l'Europe), l'Union européenne n'a aucune raison d'aller établir ses frontières au-delà de l'Euphrate et d'avoir comme voisins la Géorgie, l'Arménie, l'Iran, l'I




