Jean-Pierre Raffarin n'a plus de «successeur préféré», comme il avait qualifié Dominique de Villepin, souvent cité pour le remplacer à Matignon. Lundi, lors d'un petit-déjeuner avec les dix premiers de ses ministres dans l'ordre hiérarchique, il a expliqué qu'il reconnaissait à chacun le droit d'avoir des ambitions mais les a mis en garde : «Votre avenir passe par vos résultats.» Manière de les remettre tous sur la ligne de départ.
Programmé pour devenir Premier ministre depuis le lendemain des élections régionales, le ministre de l'Intérieur, qui sera ce soir l'invité de 100 minutes pour convaincre sur France 2, a perdu des points depuis son arrivée place Beauvau.
«Presque pitié». Voilà peu, les chiraquiens du premier cercle expliquaient qu'il serait mis sur orbite durant la précampagne du référendum sur la Constitution européenne. Il n'en est plus vraiment question aujourd'hui. «Chirac n'a pas d'autre solution que de garder Raffarin, car aucun remplaçant ne s'impose», confie l'un d'entre eux. Certes, l'Elysée juge son «action très bonne», mais Dominique de Villepin a toujours autant de mal à se faire apprécier des élus et de ses collègues ministres. Très ennuyeux pour qui veut diriger un gouvernement et s'imposer en chef d'une majorité parlementaire. «Il ne connaît pas les élus et ne fait pas d'effort particulier depuis qu'il est à Beauvau. Il ne les reçoit pas, ne va pas voir le groupe UMP», se désole un conseiller du chef de l'Etat qui ne l'apprécie guère. «Chirac l'a traî




