Prendre du champ ou afficher sa détermination? Le 1er décembre au soir, une fois connue l'ampleur de la victoire du oui (59 %) lors de la consultation des militants du PS sur la Constitution européenne, Laurent Fabius, principal héraut du non pendant la campagne interne, s'interroge. La claque est lourde, la défaite plus ample que prévue. Que faire? Ce mercredi soir, seul le député de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone, lui rend visite dans son appartement du Panthéon. Mais dès le lendemain Fabius montre à ses amis qu'il n'a qu'un genou à terre : à 8 h 30, il téléphone à Guillaume Bachelay, l'un de ses jeunes collaborateurs. Fabius lui dicte la lettre de remerciements qu'il compte adresser par courrier électronique à ses équipes de campagne. Et les deux hommes font le point sur l'agenda des jours à venir. Comme si de rien n'était.
Autre preuve de la «détermination» du député de Seine-Maritime: sa présence le soir même sur le plateau du 20 heures de France 2, alors que certains membres de son entourage lui déconseillaient de s'y rendre. Il s'y dit «déçu», et délivre deux messages sur «l'unité» du parti et son «ancrage à gauche». Peu à peu pourtant, Laurent Fabius va délivrer des signes à ceux qui auraient pu avoir des raisons de douter de sa volonté d'être candidat à la présidentielle de 2007. Récit de ces deux mois de reconstruction que doit acter, demain, le rassemblement à Pantin des «réseaux Fabius», un rendez-vous où Claude Bartolone attend au moins 500 personnes.
Sam




