«C'est la merde !» Ce constat émane d'un haut responsable gouvernemental, exprimant crûment l'embarras du pouvoir face à la fragilité du oui au référendum sur le traité constitutionnel. Jacques Chirac entendra mardi les présidents des assemblées et chefs de parti avant d'annoncer la date de la consultation des Français. Une chose est sûre : la campagne commence cet après-midi, au château de Versailles, dans l'aile du midi, où 907 parlementaires se réunissent en Congrès. Trois-cinquièmes au moins des députés et sénateurs présents doivent approuver le projet de révision constitutionnelle, préalable à l'adoption du traité par les Français. Ce sera chose faite mais cela ne rassure pas les partisans du oui, de droite comme de gauche. A droite : «La crise politique née de l'affaire Gaymard, la crise sociale qui couve, les agitations lycéennes renforcent le camp du non.» A gauche : «Je ne sais pas si dire oui avec Chirac au traité sera audible, alors que la rue lui dit non.» Des craintes qui obligent les principaux hérauts du oui à fourbir d'ores et déjà leurs arguments. Parfois en bredouillant.
Hier soir sur TF1, François Hollande a cherché à incarner le oui. Le premier secrétaire du PS a ainsi assuré : «L'Europe, c'est notre avenir, eux [Chirac et Raffarin] sont déjà notre passé.» Ce soir, Jean-Pierre Raffarin devait s'asseoir à sa place et faire l'exercice inverse. Mais, après l'affaire Gaymard, le Premier ministre a préféré rester dans ses foyers. Il devrait participer dimanche




