Pour les socialistes landais, le dilemme est cornélien. D'un côté, l'autorité, la légitimité, le Parti socialiste. De l'autre, des convictions et des sentiments pour un homme, Henri Emmanuelli. Soit deux fidélités pour une question : faut-il suivre leur député, président du conseil général des Landes dans sa campagne pour le non à la Constitution européenne ? Ici, lors du référendum interne au parti, le 1er décembre, le non a recueilli 80 % des suffrages. Pas question de se déjuger le 29 mai. Mais de là à s'opposer frontalement à la ligne majoritaire du parti, il y a un pas. «Un grand écart» même, concède Monique Lubin, conseillère générale du canton d'Hagetmau : «J'y ai réfléchi pendant deux jours, je ne suis pas très à l'aise, mais en fait, je suis soulagée de la décision d'Emmanuelli. Je vais pouvoir dire ce que je pense sans me cacher. Et je ne me sens pas traître pour autant.»
Nombre des fidèles de l'ex-patron du PS ont quand même pris soin de s'en démarquer ce week-end après ses propos de vendredi (lire ci-contre). Gênés, certains proches ont appelé à ne pas «surinterpréter» les propos. D'autres ont refusé de «polémiquer». Comme Eric, un militant de Dax «attristé» qui estime que «le bonhomme vaut mieux que ça».
De toute façon, les troupes landaises n'ont pas décidé de suivre le chef «en fonction du degré d'opposition à la Constitution, mais plus par rapport à un homme», résume Renaud Lagrave, le premier fédéral. «Un homme dont on ne doute pas de l'attachement au parti vu




